La CSP a réalisé trois états de situation des résultats des élèves, notamment dès le début d’un nouveau cycle au cours de leur parcours scolaire, soit en avril 2015, mai 2017 et septembre-octobre 2017. Ces principaux constats permettent d’identifier et de cibler très précisément les groupes d’élèves les plus vulnérables à l’égard de leur réussite, de leur cheminement et de leur persévérance scolaire.

Primaire : résultats moyens en lecture et écriture

La réussite des élèves s’est accrue en lecture et en écriture au primaire au cours des dernières années. Cependant un écart entre la réussite des garçons et les filles apparaît rapidement dès la 2e année du primaire. Le suivi longitudinal de cohortes permet également de constater que l’écart favorable aux filles a tendance à augmenter au cours du parcours primaire passant par exemple de 3,6 % à 6,1 % (cohorte 09-10) et de 3,0 % à 5,2 % (cohorte 10-11) entre la 2e année et la 6e année pour le résultat moyen.

L’analyse longitudinale du résultat moyen pour deux cohortes d’élèves au primaire entre la 2e année (2010-2011) et la 4e année et entre la 4e année (2011-2012) et la 6e année démontre que le résultat moyen des élèves de certains milieux à une forte tendance à être sous la moyenne de la CSP.

Primaire : taux de réussite en lecture et écriture

L’analyse des taux de réussite en français des élèves de 2e et de 4 année du primaire fait ressortir également que les élèves de certains milieux démontrent une tendance plus forte à se situer sous le taux de réussite moyen des élèves de la CSP.

Cette même analyse démontre que dès les premières années de leur parcours scolaire, les garçons sont proportionnellement plus nombreux que les filles à être en échec ou à risque (résultats entre 60 % et 69 %). Les garçons sont également proportionnellement plus nombreux que les filles à avoir un plan d’intervention. Par exemple, en 2016-2017, 18 % des garçons et 7 % des filles avaient un plan d’intervention, pour un total de 13,1 % des élèves. On a constaté que 37 % des jeunes, n’ayant pas réussi cette épreuve de lecture uniforme, avaient un plan d’intervention alors que ces élèves ne constituent que 13,1 % de l’ensemble des élèves de la CSP.

Transition primaire-secondaire : français et mathématique

L’analyse longitudinale comparative du taux de réussite de trois cohortes d’élèves (6e année 2008-2009, 6e année 2009-2010 et 6e année 2010-2011) en français et en mathématique entre la 6e année et la 1re secondaire, démontre une baisse systématique du taux de réussite des élèves. Sur une population d’environ 2 000 élèves en 1re secondaire, la baisse moyenne de 5,1 % du taux de réussite en français et de 6,1 % du taux de réussite en mathématique fait en sorte que respectivement 102 et 122 élèves sont en échec dans ces deux disciplines à la fin de leur première année au secondaire alors qu’ils étaient en réussite un an plus tôt.

Épreuve ministérielle d’écriture : primaire

Les taux de réussite des garçons sont en moyenne inférieurs à celui des filles à l’épreuve ministérielle d’écriture de 4e année. Pour les années 2014-2015 à 2016-2017, le taux de réussite des filles est passé de 92,5 % à 95,6 % et celui des garçons de 87,4 % à 91,2 %.

Une analyse orientée sur la composition de trois groupes vulnérables, soit ceux du groupe des élèves à risque (dont les résultats se situent entre 60 % et 64 % et entre 65 % et 69 %), du groupe des élèves en échec au regard des garçons ainsi que celui des élèves avec un plan d’intervention et des élèves HDAA, démontre clairement une surreprésentation de ceux-ci parmi les élèves qui ne réussissent pas ou réussissent difficilement les épreuves de français en lecture (2e, 4e et 6e année), en écriture (4e et 6e année ) et de mathématique (6e année). Cette analyse permet de mettre en lumière la proportion de ces trois groupes parmi les élèves en échec et à risque comparativement aux élèves non vulnérables.

Épreuves ministérielles : secondaire

L’analyse du taux de réussite des élèves de la CSP aux épreuves ministérielles permet d’observer une tendance à la baisse du taux de réussite des élèves de la CSP.  Le taux de réussite des élèves de la CSP qui était de 96,5 % en 2009-2010 est maintenant de 91,2 % en 2012-2013. Pour la même période, le taux du réseau public est passé de 95,7 % à 90,2 %. Pour 2014-2015, le taux de réussite des élèves de la CSP (91 %) est identique, voire même légèrement inférieur à celui des élèves de l’ensemble du réseau public québécois (91,2 %).

Élèves de 5e secondaire quittant l’école avec un DES

La comparaison entre la CSP et le réseau public du nombre d’élèves qui quittent la 5e année du secondaire en ayant obtenu un DES, démontre que la proportion des garçons à la CSP est inférieure à celle de l’ensemble du réseau public. La proportion des filles de la CSP quittant la 5e année du secondaire était cependant supérieure à celle du réseau public jusqu’en 2012-2013. La proportion des filles de la CSP pour les années 2013-2014 (CSP : 77,4 % et Q : 82,1 %) et 2014-2015 (CSP :80,9 % et Q : 82,9 %) qui quittent avec un DES est maintenant inférieure à celle du réseau public.

L’iniquité entre les garçons et les filles est plus grande à la CSP. L’écart moyen pour les années 2010-2011 à 2014-2015 est respectivement de 10,5 % à la CSP et de 7,7 % pour l’ensemble du Québec.

Parcours de formation axés sur l’emploi (FMS et FPT): taux de qualification

Une analyse comparée fait ressortir que les taux de qualification des parcours axés sur l’emploi des élèves de la CSP sont inférieurs à celui des élèves des commissions scolaires participantes au projet CAR (collaborer, apprendre, réussir) soutenu par la Fondation Lucie et André Chagnon. En effet, la moyenne de ces taux pour les trois dernières années, représente un écart de 4 % pour la formation menant à l’exercice d’un métier semi-spécialisé (FMS) et de 12,5 % pour la formation préparatoire au travail (FPT).

Élèves HDAA : taux de qualification et de diplomation

L’iniquité entre les taux de qualification et de diplomation des élèves HDAA et des élèves réguliers est de 34,1 % pour l’ensemble du réseau scolaire public québécois, alors que cette différence est en moyenne est plus élevée à la CSP, soit 36 % (moyenne des années 2007-2008 à 2009-2010) pour ces mêmes élèves.

Taux de diplomation en sept ans : écart entre les garçons et les filles

Le taux de diplomation des élèves de la CSP est de 81,5 %. L’écart entre le taux de diplomation des filles (87,4 %) et celui des garçons (75,4 %) est cependant plus important à la CSP (12 %) que l’écart entre les garçons et les filles de l’ensemble du réseau public du Québec (6 %).

Milieu socioéconomique faible

L’écart entre le taux de diplomation des élèves ayant débuté leur parcours au secondaire dans une école située dans un milieu socioéconomique faible et les autres est de 8,9 %. À la CSP, cet écart est en moyenne de 18,9 % pour les années 2008-2009 à 2010-2011, soit le double de l’écart moyen québécois.

Persévérance scolaire

Bien que le taux de persévérance scolaire des élèves de la CSP se soit grandement amélioré en quatre ans, passant de 86,8 % à 88,2 % (2013-2014), une analyse fait ressortir qu’à la formation générale des jeunes, sur une population sortant de 1694 élèves en 2014-2015, 156 élèves ont quitté la CSP (et le réseau de l’éducation) sans diplôme, ni qualification. Cette même analyse fait ressortir que les élèves qui ont débuté leur parcours au secondaire en 2008 avec l’une ou plusieurs des caractéristiques suivantes sont surreprésentés parmi les élèves qui n’ont pas obtenu un diplôme : l’élève avait un plan d’intervention actif à son arrivée au secondaire, l’élève était un élève identifié HDAA ou l’élève avait un retard scolaire à son arrivée au secondaire (reprise ou ajout d’une année au primaire ou au préscolaire). Ainsi les élèves ayant un, deux ou trois de ces caractéristiques constituent respectivement 36 %, 43 % et 59 % des élèves qui n’ont pas obtenu de diplôme. Ce constat corrobore les résultats de l’étude québécoise présentée dans le Bulletin statistique de l’éducation publié en mai 2015 par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Une analyse complémentaire réalisée pour un seul de ces facteurs, soit l’entrée au secondaire avec un retard, démontre une iniquité substantielle du taux de qualification et de diplomation relatif entre les élèves qui entrent au secondaire avec (taux moyen de 45,3 %) ou sans retard (taux moyen de 80,5 %). Ainsi, pour les cohortes qui ont débuté entre 2006-2007 et 2011-2012, l’écart est de 35,2 % en moyenne.